epa09020524 A worker installs an election board displaying candidates' pictures for the parliamentary elections in The Hague, The Netherlands, 18 February 2021. The elections will take place on 17 March 2021. EPA-EFE/Remko de Waal

Les Néerlandais s’apprêtent à un retour aux urnes pour des législatives sous le signe du Covid-19

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Dans un contexte empreint d’incertitudes socio-économiques liées à la pandémie du coronavirus, les Pays-bas se préparent à un retour aux urnes pour élire un nouveau gouvernement qui dirigera le pays pour les quatre années à venir.

A moins d’un mois du scrutin législatif, qui aura lieu du 15 au 17 mars, la campagne électorale est mise en sourdine en raison de la crise sanitaire mais les différentes formations politiques du pays poursuivent leurs efforts pour s’attirer les faveurs des électeurs.

Et ce ne seront pas moins de 37 partis qui seront en lice lors des prochaines législatives: un nombre record encore jamais atteint depuis 1922.

Parmi ces formations politiques, de petits partis comme “Jésus est en vie”, “le parti de la fête”, ou encore “Jong” (le parti des jeunes), essayeront de se frayer une place sur l’échiquier politique néerlandais en faisant entrer des élus au Parlement, tandis que les grands partis politiques tenteront de conforter leurs positions ou redorer leurs blasons. C’est le cas notamment des quatre partis du centre et de la droite, membres de la coalition gouvernementale sortante.

Le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD) du Premier ministre Mark Rutte, l’Appel chrétien-démocrate (CDA), l’Union chrétienne (CU) et le parti “Les Démocrates 66” qui se sont alliés pour diriger le pays durant l’actuelle mandature ont cependant vu leurs dernières semaines au pouvoir entachées par un retentissant scandale de l’administration fiscale qui avait accusé à tort des milliers de familles de migrants de fraude aux allocations familiales.

Il a en outre été révélé que des fonctionnaires des impôts avaient procédé au “profilage ethnique” de quelque 11.000 personnes sur la base de leur double nationalité.

Cette affaire, qui a défrayé la chronique aux Pays-Bas, a contraint le gouvernement Rutte à jeter l’éponge le 15 janvier afin d’éviter une motion de censure au Parlement. L’exécutif démissionnaire continue toutefois d’expédier les affaires courantes en attendant le scrutin de mars.

Si certains observateurs estiment que ce scandale peut porter préjudice au parti de Mark Rutte et à ses alliés dans la coalition gouvernementale sortante, les sondages laissent penser en revanche que ce dérapage ne devrait pas influer l’issue du scrutin.

Le VVD arrive ainsi largement en tête des sondages avec 27% des intentions de vote après avoir remporté trois campagnes législatives de suite.

Chef de gouvernement depuis près de 11 ans, un record, le libéral Mark Rutte compte sur sa popularité et son sens de compromis qui lui a permis de gouverner successivement avec la droite, le centre et la gauche au fil des années, pour rafler la mise une nouvelle fois.

Face aux multiples défis posés par la pandémie du Covid-19, il insiste pour qu’un gouvernement “fort” se mette à l’œuvre afin de sortir de cette crise sans précédent. Mais ses détracteurs dressent un bilan peu reluisant d’une décennie sous le signe des coupes budgétaires, de l’affaiblissement des services publics et de l’aggravation des inégalités.

Ceci étant, nombreux sont ceux qui pensent que Mark Rutte sortira renforcé du prochain scrutin législatif tout comme les autres partis de sa coalition gouvernementale, les électeurs ayant besoin de stabilité dans une conjoncture particulièrement difficile.

D’aucuns avancent par ailleurs que le souci des électeurs sera d’éloigner le spectre du populisme eurosceptique incarné par le leader de l’extrême droite Geert Wilders.

Deuxième dans les sondages, le PVV de Wilders espère créer la surprise et devenir la plus grande formation politique aux Pays-Bas.

Pour ce faire, le leader de l’extrême droite néerlandaise joue comme à son habitude la carte de l’islamophobie et de la xénophobie, tout en promettant le retrait de l’Union européenne et le retour aux frontières nationales. Climatosceptique, il prône également le démantèlement des éoliennes en mer, l’arrêt des parcs solaires, le retrait de l’accord de Paris et l’abandon du Green Deal européen.

Avec entre 12 et 14 % des intentions de vote, le parti de Wilders devrait remporter une vingtaine de sièges (sur 150) au Parlement mais la radicalité de son programme rend peu probable qu’il puisse s’allier à d’autres partis au sein d’une coalition gouvernementale.

En attendant le verdict des urnes, les prochaines législatives aux Pays-Bas feront figure de test de popularité pour le Premier ministre Mark Rutte qui aura à cœur de rempiler pour un 4ème mandat successif et mener le pays à bon port dans le contexte d’une crise sanitaire aux répercussions désastreuses. mapexpress