L’Iran a exécuté un jeune lutteur condamné pour meurtre que Trump avait défendu

in News Fr

Navid Afkari avait été déclaré coupable d’avoir tué un fonctionnaire lors d’une manifestation en 2018. L’Iran a annoncé samedi 12 septembre avoir exécuté un jeune lutteur, Navid Afkari, condamné à mort pour le meurtre d’un fonctionnaire lors d’«émeutes» en 2018, selon le site internet de la télévision d’État. La sentence du «qesas», c’est-à-dire la «loi du talion», une peine de «rétribution», a été exécutée samedi matin dans une prison de Chiraz (sud), a indiqué à la télévision étatique le procureur général de la province de Fars, Kazem Mousavi.

La peine capitale a été appliquée «face à l’insistance de la famille de la victime», a-t-il ajouté. Mais selon l’avocat du condamné, Me Hassan Younessi, une rencontre avec la famille de la victime devait avoir lieu dimanche pour «demander pardon» et ainsi éviter l’application de la peine capitale. «Étiez-vous si pressés que vous avez refusé à Navid son droit à une dernière visite», s’est insurgé Me Younessi sur Twitter

Le Comité international olympique «choqué »

Le Comité international olympique (CIO) s’est dit «choqué» par l’annonce de cette exécution, dans un communiqué diffusé samedi. «Il est profondément regrettable que les appels des athlètes du monde entier, et tout le travail en coulisses du CIO, avec le Comité national olympique iranien, la Fédération internationale de lutte et la Fédération iranienne de lutte, n’aient pas atteint leur objectif», a regretté le CIO, dont les «pensées vont à la famille et aux amis» du lutteur.

Vendredi, l’organisation de défense des droits humains Amnesty international s’était alarmée de l’«exécution secrète imminente» de Navid Afkari, affirmant que lui et ses deux frères, condamnés à de lourdes peines de prison dans la même affaire, étaient les «dernières victimes du système judiciaire iranien déficient».

Présenté comme un ancien lutteur, Navid Afkari avait été reconnu coupable d’«homicide volontaire» sur un fonctionnaire de la régie publique de l’eau à Chiraz, poignardé le 2 août 2018. Comme plusieurs autres villes d’Iran, Chiraz avait été le théâtre ce jour-là de manifestations hostiles au pouvoir.

Soutiens en Iran comme à l’étranger

Le verdict avait fait polémique et les soutiens avaient afflué en Iran comme à l’étranger après la publication d’informations à l’étranger affirmant que Navid Afkari, 27 ans, avait été condamné sur la base d’aveux extorqués sous la torture. Des accusations démenties début septembre par l’agence de l’Autorité judiciaire Mizan online.PUBLICITÉ

Parmi les soutiens étrangers, le président américain Donald Trump avait appelé l’Iran à ne pas exécuter le jeune homme. «À l’attention des dirigeants iraniens, j’apprécierais vraiment que vous épargniez la vie de ce jeune homme et que vous ne l’exécutiez pas. Merci!», avait écrit le président américain, sur Twitter. En vain….lefigaro.fr