L’été meurtrier de la politique italienne

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Alors qu’Emmanuel Macron est attendu en visite à Rome mercredi 18 septembre, « Le Monde » revient sur la crise traversée par l’Italie durant quelques semaines. Principale victime : Matteo Salvini, ex-ministre de l’intérieur et homme fort de la Ligue.

Quand il se présente sous les ors du Palazzo Madama, mardi 10 septembre, le premier ministre italien, Giuseppe Conte, est plus impeccable que jamais. Costume bleu sombre et pochette à quatre pointes – ce détail un rien précieux sera abondamment commenté –, il donne l’impression que les quinze mois du gouvernement le plus décoiffant de l’histoire n’ont eu aucun effet sur lui. Depuis la veille, le centre de Rome est agité par des manifestations sporadiques de l’opposition. Peu importe : une fois à l’intérieur du Sénat, on n’entend plus les bruits du dehors.

Vers 16 heures, Giuseppe Conte monte en tribune, et lit avec application un discours assez sobre – d’aucuns diront ennuyeux. Mais aurait-il pu faire autrement ? Quand on se lance dans des acrobaties inédites, il vaut mieux éviter les pas de côté. A 19 heures, il obtient une majorité un peu plus confortable que prévu (169 voix, huit de plus que le nombre requis). Le gouvernement Conte II, 66e de l’histoire de la République italienne, peut prendre son envol.

Difficile à ce moment de ne pas ressentir une sorte de vertige d’incrédulité. Comment, en effet, un avocat plutôt terne, unanimement considéré comme la marionnette de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), a-t-il réussi à se parer des habits de l’homme d’Etat ? Comment celui qui se revendiquait « populiste » il y a quelques semaines encore peut-il être désormais plébiscité par Bruxelles et les marchés ? Par quel miracle, Matteo Salvini, ministre de l’intérieur et homme fort de la Ligue, a-t-il perdu pied, ouvrant la porte au retour de la gauche ? lemonde